Est-ce pour cela que le plateau peine à convaincre, bien que plusieurs des participants aient déjà interprété leur rôle ? Quant au baron et à Alidoro, le complet du premier ne reflète pas ses prétentions ridicules, et la simplicité informelle du deuxième, quand il a déposé son frac dépenaillé de musicien des rues, n’invite pas au respect, jusqu’à ce que son uniforme d’aviateur – ali d’oro – lui donne un peu de prestance. La tenue de joueur de polo endossée par le prince et sa suite ne sied pas à tous, et d’abord au prince lui-même. Quant aux costumes, signés eux aussi Clarac et Deloeuil, si leur rôle est d’exprimer le côté social, ils ne caractérisent pas nettement les protagonistes. A la fin de l’ouverture, le rideau noir qui servait de fond à l’étalage de linge étendu dévoile en disparaissant une structure cubique centrale, pouvant tourner sur elle-même et dont les côtés peuvent se déployer, révélant ainsi les différents lieux prévus par le livret. De même ils ne veulent pas voir Clorinda et Tisbe comme des « chipies hystériques et caricaturales » mais comme « deux jeunes femmes sincèrement hantées par la peur du déclassement ».
Critique Musicale Et Autres Textes Sur La Musique (romain Rolland)
Cette architecture, Alberto Zedda la voyait comme un des témoignages les plus indiscutables du génie du compositeur qui, a 25 ans, maîtrise magistralement les tempi, les suspendant ou les accélérant selon les situations, avec une économie de moyens qui ébahit tant elle produit d’effets sur l’auditeur. Leur duo, faut-il le redire, est d’une drôlerie totalement séduisante. Si nous avons manqué son premier air, où sans s’en rendre compte le personnage expose sa balourdise satisfaite, celui du deuxième acte comble parce que la diction est parfaite, le chant syllabé est d’une clarté impeccable, la rapidité labiale intacte et la composition scénique toujours aussi impressionnante, d’une expressivité efficace qui évite les surcharges. La voix sonne bien, sans excès de puissance, mais est-elle la basse noble que nous aimons ? Ni déhanchements ni désordre, mais un mouvement collectif comme on pourrait en voir dans une revue qui s’accorde à la situation https://www.kongregate.com/en/accounts/hazcasino, une belle contribution au spectacle.
Spectacles
- Les chœurs (exclusivement masculins) peuvent eux aussi encore gagner en mordant et affiner leur diction.
- Un régal pour les yeux et les oreilles qui a suscité un vif enthousiasme des jeunes auditeurs, hilares et heureux.
- La direction d’acteur ne manque pas d’outrer ce qui peut l’être, mais qu’importe, cela plait, cela fait rire, et c’était sans doute le but recherché.
- Notre conviction est qu’une publicité de qualité et bien intégrée dans le design du site sera beaucoup mieux perçue par nos visiteurs.
- Adaptation et mise en scène
Antoine Foulon campe un Alidoro majestueux avec sa voix puissante et bien projetée couplée à une excellente diction à l’instar du Dandini de Sergio Villeglas Galvain, remarquable du début à la fin de la représentation. Les metteurs en scène y ajoutent chaque fois un grain de folie très agréable, proposant des transpositions nécessairement lisibles et toujours très bien rythmées. La présentation du spectacle par Maria Kataeva/Cenerentola (en allemand) et Levy Sekgapane/Don Ramiro (en anglais). Les spectateurs n’en perdent évidemment pas une miette et ovationnent le spectacle.
Rossini, La Cenerentola — Toulon
Et pour finir, le timbre particulièrement sombre de Maria Kataeva confère d’emblée gravité et sérieux à son personnage d’Angelina, une Cendrillon qui triomphe parce qu’elle choisit la bonté comme le veut Rossini, mais qui est avant tout une maîtresse femme suffisamment intelligente et patiente pour arriver à ses fins et ne pas se laisser marcher sur les pieds. Visiblement à l’aise, le jeune homme se montre généreux de bout en bout dans des vocalises vaillantes, acrobatiques et d’une insolente projection qui semble ne pas connaître de limites. En vif contraste, le timbre clair et lumineux du ténor Levy Sekgapane fait merveille en prince Don Ramiro. Littéralement dopés par une battue énergique d’un chef qui semble se délecter comme jamais du festin qu’il a composé, tout le plateau est survitaminé et en pleine possession de ses moyens. Toute l’énergie, l’inventivité, la beauté des airs et l’intelligence de l’œuvre de Rossini se trouvent ici servis avec évidence et conviction. Mise en scèneVincent HuguetLumièresChristophe ForeyDécorsPierre YovanovitchCostumesCharles de VilmorinMobilierThéâtre de Bâle
Un groupe de jeunes ( ?) fait irruption sur la scène, brutalise le pauvre, qui doit déguerpir, la jeune fille reparaît, portant deux sacs, l’air épuisé, et le rideau se referme, l’ouverture a été donnée. Présentée comme une version de concert avec mise en espace et un ensemble de voix qui ne sont pas celles de superstars, cette Cenerentola s’est révélée, avec trois fois rien (en apparence), être une mise en scène éblouissante, tout simplement géniale ! Restent Michele Pertusi qu’ona connu plus en voix dans le rôle d’Alidoro et Bruno Campanella quifait bien pâle figure face à Riccardo Chailly, chef au disque.
« Je Me Sens Encore Davantage Dessinatrice Que Scénariste »
Les chœurs (exclusivement masculins) peuvent eux aussi encore gagner en mordant et affiner leur diction. Les deux sœurs de Cendrillon, respectivement Héloïse Poulet (Clorinda) et Alix Le Saux (Thisbe), parfaitement assorties physiquement, ne quittent pas la grossière caricature dans des costumes peu flatteurs, mais s’acquittent honorablement de leur rôle. Dave Monaco est très brillant également dans le rôle du Prince Ramiro, avec des aigus impressionnants (c’est ce que tout le monde attend) mais peu de variété de couleurs. Tant à l’orchestre que sur le plateau, les ensembles sont réglés au cordeau, l’écriture tellement délicate de Rossini, tout en contrastes et virtuosité vocale, est parfaitement rendue.